Tu sais j'ai jamais aimé à en mourir, je préfère aimer à en vivre, à en vivre comme maintenant & comme on peut manger le temps. Il faudrait pouvoir l'arrêter, juste un peu, juste pour faire un bilan sur tous ces mois. Je sais déja ce qu'il en ressortirait, je n'ai jamais aimé autant . On n'aime jamais trop, je voudrai éclater en morceaux les barrières qui m'empêchent de donner une confiance totale à tout ce qui nous entoure. La déception m'a bien trop souvent scié les jambes, j'ai eu peur et j'ai perdu bien assez de fois pour laisser tomber. Et pourtant, c'est à ce moment là que dans le dégoût le plus mordant tu es descendue de je ne sais où. Y'avait pas de musique ou de grandes occasions, seulement ton sourire dans un grand silence noir, seulement ta patience et cette façon de rire de tout, seulement tes petites mains pour relever mon menton et essuyer des larmes de rancoeur. Aimer à en mourir semble trop ridicule, bien autant qu'aimer partiellement ou à reculons. J'ai tremblé de me tromper, je sais que non. Je sais aussi que ça ira, tant que tu es à mes côtés, tant que tu ouvres tes grands yeux pour de nouvelles confidences, tant que tu me tendras la main à chaque obstacle un peu rude tout en m'apprenant à les traverser seule, je n'aurai pas à m'inquiéter. Et tant que je pourrai entrer un peu plus dans ta vie chaque jour, y découvrir ce qui te fait peur, ce qui est capable de t'émouvoir aux larmes, ce qui nous rapproche & tout ce qui nous éloigne. Tant que j'entendrai ton rire qui ravive chacune des heures moroses, je n'aurai pas à avoir peur. J'ai trop souvent reculé devant l'attention des gens, par peur de tomber une fois de plus, par peur de voir partir beaucoup trop loin les seules âmes à qui j'aurai pu accorder beaucoup plus que du temps, de la confiance . Je sais que maintenant je peux me jeter à l'interieur de tout cqu'on construit, je n'ai plus peur, je veux manger du bonheur, à tes côtés .